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"Spéciale Pays nordiques" vue par Jonathan Wells

Jonathan Wells, Directeur Artistique de "Flux" communauté créative de film, art, musique, design et culture à Los Angeles et partenaire du Festival PROTOCLIP depuis 2007, a fondé et dirigé pendant plus de 10 ans le fameux festival itinérant RESFEST. Grand spécialiste des clips en tous genres, M. Wells nous livre les grandes tendances de cette année…


Parlez-nous du festival « FLUX » que vous organisez à Los Angeles depuis 2008 ?

Les "Flux Screening Series" que nous avons organisé au sein du Musée « Hammer » est un programme trimestriel que nous avons conçu à l’image d’un festival de courte durée. Nous avons mis en place des projections de vidéoclip, courts-métrages, des conférences en compagnie de grands réalisateurs ainsi que des soirées animées par des DJ ou des groupes de musique connus. Des personnalités telles que Michel Gondry, Martin de Thurah, Chris Milk, James Frost, Logan, Encyclopedia Pictura, Andreas Nilsson and OK Go, pour n’en citer que certains. C’est aussi ce qui rend la plupart de ces présentations uniques. Nous avons assisté à des performances musicales incroyables grâce à des réalisateurs qui ont su attiré un large public en présentant des courts-métrages réalisés exceptionnellement pour l’événement.


Quelle est la place de la création audiovisuelle et artistique aux Etats-Unis ?

La production de films se concentre principalement à Los Angeles et New York mais la technologie a permis aux cinéastes de pouvoir réaliser des films à travers tous les USA, sans être forcés de s’installer dans les grandes villes. J'aime utiliser MK12 comme exemple. Mais heureusement, ils ont gardé leur base à Kansas City, MO. (Ils ont tourné la séquence titre du dernier James Bond, qui l’aurait cru ?)


Quelles sont selon vous les nouvelles tendances 2010 en matière de clips ?

Ca a été une grande année pour les vidéoclips. Pour la première fois depuis des années, les vidéoclips faisaient réellement partie de la communication de la culture pop. Du vidéoclip de Romain Gavras « Born Free » de MIA à celui de Jonas Akerlund « Telephone » de Lady Gaga, nous avons assisté au retour des vidéoclips « événement » qui utilisaient souvent la controverse pour obtenir l’attention des gens.

Grâce au pouvoir d'internet, je pense qu’il y a plus de personnes qui font et regardent des vidéoclips qu’à l’âge d’or d’MTV.

Une autre tendance passionnante a été l'utilisation de l’interactivité et une nouvelle façon de faire participer le public dans les clips. Le plus marquant de l’année est assurément « The Wilderness Downtown » issu du projet interactif de Chris Milk « Arcade Fire Project ».


Le Festival Protoclip met à l’honneur la Scandinavie pour la prochaine édition, comment qualifieriez-vous la culture artistique des pays du Nord ?

Je me suis intéressé à la culture scandinave au milieu des années 90 quand j'ai vu les films du 'Dogme 95' - du cinéaste danois Lars Von Trier - de la société de production Zentropa, qui a ravivé la musique, l'art et les films Islandais du collectif GusGus et j'ai été présenté aux frères Jukka sur MTV des premières créations de suédois comme Traktor.

J'ai eu le plaisir de visiter la Suède et la Finlande à plusieurs reprises et je suis un grand fan de leur nourriture et de leur design. Bien sûr, il y a aussi de la bonne musique.


Face à la richesse et la noirceur dans lesquels s’illustre le cinéma scandinave (polar, mouvement réaliste, comédie noire), le clip venu du nord nous surprend par son audace, son réalisme et son imaginaire. Peut-on parler de « clips de genre » ?

Les vidéoclips et les courts-métrages disposent souvent d’une production cinématographiquement très polie, fraîche, le tout combiné à des images fortes, une étrange obscurité et une comédie particulière. On accorde beaucoup d’attention à la tonalité des couleurs, celle-ci crée un sens de cohésion et prête à certains événements une certaine forme de réalisme ou d’irréalisme, cela met parfois mal à l’aise. Ces films ont l’apparence de rêves vivants (ou de cauchemars) et leur visionnage vous donne l’impression de connaître le subconscient des réalisateurs. C’est intéressant car c’est presque l’opposé de « Dogme 95 », qui lui se concentre sur un réalisme complètement épuré.


Pensez-vous que le Festival « Protoclip » puisse devenir un jour itinérant ?

Par expérience, organiser une tournée mondiale est une grande aventure, mais je suis sûr que les fans de vidéoclips se rassembleraient dans le monde entier pour supporter l’évènement. C'est un plaisir renversant de voir des vidéoclips sur un écran de cinéma avec vos amis plutôt que seul sur votre petite fenêtre d’ordinateur.

Cela dit, Protoclip devrait certainement aller plus loin et développer son site Web afin de devenir une destination pour les vidéoclips, toute l’année. Cela aiderait à renforcer l’esprit communautaire et l’excitation avant l’événement annuel à Paris.


http://www.flux.net

08/10/10



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